Quand on pense à Napoléon, une silhouette s’impose immédiatement, celle d’un homme coiffé d’un chapeau noir à deux pointes. Son nom exact est le bicorne, souvent appelé aussi le « petit chapeau ». Je vous explique ici comment le reconnaître, pourquoi Napoléon le portait d’une manière particulière et comment ce couvre-chef est devenu l’un des symboles les plus puissants de l’histoire française.
Le couvre-chef de Napoléon est devenu une véritable signature visuelle
- Nom officiel : il s’agit d’un bicorne.
- Forme : ce chapeau possède deux pointes, ou cornes.
- Surnom : on parle souvent du « petit chapeau » de Napoléon.
- Position célèbre : Napoléon le portait généralement « en bataille », avec les pointes sur les côtés.
- Symbole : le bicorne évoque à la fois le chef militaire, l’Empereur et la propagande napoléonienne.

Le chapeau de Napoléon s’appelle un bicorne
La réponse est donc simple : le chapeau emblématique de Napoléon est un bicorne. Ce terme désigne un couvre-chef à deux pointes, généralement fabriqué en feutre noir et porté par les militaires et les fonctionnaires à la fin du XVIIIe siècle.
Le mot « bicorne » vient de sa forme. Contrairement au tricorne, qui présente trois côtés relevés, le bicorne possède deux extrémités allongées. Cette silhouette permettait de le reconnaître rapidement, mais elle avait aussi une fonction pratique pour les officiers à cheval.
Dans le langage courant, on entend également l’expression « petit chapeau de Napoléon ». Ce surnom ne désigne pas un modèle totalement différent. Il renvoie au bicorne noir associé à l’image du général Bonaparte puis de l’Empereur.
Pourquoi Napoléon le portait-il « en bataille »
Un bicorne pouvait être porté de deux façons principales. En position dite « en colonne », ses pointes se plaçaient vers l’avant et l’arrière. Napoléon préférait généralement le porter « en bataille », avec les deux pointes orientées vers les côtés.
Cette position donnait au chapeau une ligne horizontale très reconnaissable. Sur les tableaux, les gravures et les scènes de bataille, elle permettait d’identifier Napoléon presque instantanément, même lorsque son visage n’était pas clairement visible.
Ce détail a joué un rôle considérable dans la construction de son image. Je trouve d’ailleurs que le bicorne fonctionne presque comme un logo avant l’invention du marketing moderne : une forme simple, répétée partout, suffit à faire apparaître le personnage.
Un bicorne militaire devenu un symbole politique
À l’origine, le bicorne n’était pas réservé à Napoléon. Il faisait partie de l’uniforme de nombreux officiers européens. Sa présence dans l’armée française s’inscrit dans l’évolution des couvre-chefs militaires qui remplacent progressivement le tricorne à la fin de l’Ancien Régime.
Napoléon transforme pourtant cet accessoire réglementaire en marque personnelle. Il le porte avec une redingote grise, des bottes et une attitude volontairement sobre. Ce contraste entre la simplicité du vêtement et l’autorité du personnage renforce son identité visuelle.
Le bicorne sert aussi à distinguer Napoléon de ses maréchaux et de ses soldats. Alors que les uniformes militaires pouvaient sembler complexes et chargés de décorations, son chapeau reste immédiatement lisible. Il devient un signe de commandement, puis un emblème du pouvoir impérial.
Comment distinguer le bicorne napoléonien des autres chapeaux
Les représentations populaires mélangent parfois plusieurs couvre-chefs. Pour éviter les confusions, il suffit d’observer quelques éléments précis.
| Type de chapeau | Aspect principal | Lien avec Napoléon |
|---|---|---|
| Bicorne | Deux pointes et bord relevé | Le couvre-chef emblématique de l’Empereur |
| Tricorne | Trois côtés relevés | Associé surtout aux périodes antérieures |
| Shako | Coiffure militaire haute et cylindrique | Porté par de nombreux soldats, mais pas l’image classique de Napoléon |
| Chapeau civil | Forme variable, sans structure militaire spécifique | Sans rapport direct avec son portrait officiel |
Le piège le plus fréquent consiste à appeler ce couvre-chef un « tricorne » parce qu’il possède plusieurs angles visibles. Pourtant, le critère décisif reste le nombre de pointes : deux pour le bicorne, trois pour le tricorne.
Pourquoi le bicorne est-il devenu aussi célèbre
Le succès du bicorne tient autant à son histoire qu’à sa mise en scène. Les portraits officiels, les tableaux de batailles et les caricatures ont répété la même silhouette jusqu’à la rendre universelle. Même une représentation très simplifiée suffit souvent à évoquer Napoléon.
Le chapeau est aussi lié à la posture. Porté en bataille, il élargit visuellement la silhouette et attire le regard vers le visage. Il accompagne ainsi le geste, le regard et la redingote dans une composition pensée pour exprimer l’autorité.
Les musées conservent plusieurs objets associés à cette mémoire. Le musée Condé présente notamment un chapeau attribué à Napoléon, tandis que le musée de l’Armée met en valeur les objets et uniformes liés à son parcours militaire. Ces pièces sont intéressantes parce qu’elles montrent la différence entre un objet historique réel et les nombreuses imitations produites par la culture populaire.
Ce qu’il faut retenir devant une image de Napoléon
Pour identifier rapidement le fameux couvre-chef, je conseille de retenir trois indices : la couleur noire, les deux pointes et la position « en bataille ». Si ces éléments sont réunis, il s’agit presque certainement du bicorne associé à Napoléon.
Le terme le plus juste est donc bicorne, avec « petit chapeau » comme appellation familière. Plus qu’un simple accessoire d’uniforme, il est devenu une signature visuelle qui résume à elle seule le pouvoir militaire, l’ambition impériale et la fabrication d’un mythe historique.